le jasmin ou le linceul
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le jasmin ou le linceul
Serre moi,serre toi plus prés comme un nuage, je te fendrais d'un vent d'amour
Serre moi ,serre toi plus prés notre nouvelle saison se reveillera avant la levée du jour
serre moi,serre toi plus prés je happe ton odeur ,éclabousse mes sens déchire mes peurs
serremoi,serre toi plus prés ,on plantera nos racines au plus profond de nos douleurs
serre moi serre toi plus prés, aux premiers frissons de l'automne nous tomberons de notre branche
serre moi serre toi plus prés,on « s'aimera » notre humus sur le flanc des terres on coulera vers des fleuves de lave
serre moi serre toi plus prés ,des mots crus résonneront avec l'orage qui emportera en crue nos deux épaves
perdue dans
un temps visqueux qui meurt en silence au bout des feuilles muettes ,je me deverse cherchant un récipient pour remplir et me poser dans un fond ,je déborde ...mes dunes s"écoulent
vers un autre horizon pour redessiner encore une fois ces ondes sableuses, grains par grains elles racontent les instants sans bruits elles enterrent ce vide ,je repousse la fin comme ce papillon
qui, un jour est pour lui l'éternité...
des murs tendres tes odeurs aux
parfums diluées ,des couleurs jetées me soufflent la vie ,je caresse mes pinceaux secs je frémis une douleur m'enivre,des rouges écrlates des bruns profonds je touche pétri,je scillonne une toile
immaculée vierge perdue au fond de sa solitude délaissée, je la creuse lui donne une autre histoire des contours emmergent ,je m'épuise à te donner une forme à t'appercevoir à te
toucher...
A travers
la forêt des spontanéités,
Écartant les taillis, courant par les clairières.
Et cherchant dans l'émoi des soifs aventurières
L'oubli des paradis pour un instant quittés,
Inquiète, cheveux flottants, yeux agités,
Vous allez et cueillez des plantes singulières,
Pour parfumer l'air fade et pour cacher les pierres
De la prison terrestre où nous sommes jetés.
Et puis, quand vous avez groupé les fleurs coupées,
Vous vous ressouvenez de l'idéal lointain,
Et leur éclat, devant ce souvenir, s'éteint.
Alors l'ennui vous prend. Vos mains inoccupées
Brisent les pâles fleurs et les jettent au vent.
Et vous recommencez ainsi, le jour suivant.
Charles Cros...